Une musique qui refuse les cases
Habité par la sensation que la mort rôde, le futur TeddyBear couche son mal-être sur papier. Il l’exorcise pleinement un soir de 2023, au fin fond de la Flandre, quand il doit remplacer au pied levé un camarade rappeur. Une performance épiphanique : depuis, il n’a plus lâché le micro. « Quand j’écris, j’ai l’impression d’adresser une lettre à quelqu’un qui pourrait comprendre tout ce que j’ai à dire. » Et en effet, très vite, on le réclame : Orelsan, Clara Luciani, Feu ! Chatterton ou Julien Doré lui demandent d’assurer leurs premières parties. Le phénomène est en marche. En guise de mot d’ordre sonore : que le piano, les cordes, en particulier le violoncelle, les vents et les batteries (quelques fois assurées par son père !) viennent se frotter aux textures électroniques. Si les émotions sont profondes, ancestrales même, et partagées par tous, le moyen d’expression doit s’allier avec le contemporain.
Sa voix raconte l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus galvanisant, troublant, mélancolique, perturbant aussi. Avec ses chansons, TeddyBear, seulement 24 ans au compteur, brosse des portraits de ce qu’il observe et entend, à la première personne souvent. Et son premier album, Le plus beau, est, comme il le résume, « le résultat de vingt-quatre années de vie dans la tête d’un gars qui a du mal avec son époque. »